La leishmaniose humaine, une réalité ignorée

Bien connue des propriétaires de chien qui vivent ou séjournent en Provence, la leishmaniose est une maladie également transmissible à l’homme. En France, on recense ainsi entre 30 et 40 cas de leishmaniose humaine par an. Or, selon l’enquête Bio’Sat pour MSD santé animale, seuls 30 % des propriétaires de chien connaissant la maladie savent qu’ils peuvent également la contracter. « Pourtant, il existe deux formes de leishmaniose chez l’homme : la leishmaniose tégumentaire (qui s’attaque à la peau et aux muqueuses) et sa forme viscérale, la plus grave, qui peut mettre plusieurs mois à se déclarer », explique le Pr Pierre Marty, spécialiste en parasitologie-mycologie au CHU de Nice. « Comme pour le chien, le parasite est transmis à l’homme par le phlébotome et reste à l’état latent plusieurs années avant de se développer. Le patient atteint devra subir un traitement par perfusion lors d’une hospitalisation de deux jours. » Quels sont les symptômes de cette zoonose ? Et son pronostic vital ? Le Pr Marty nous répond…

La piqûre du phlébotome peut-elle être dangereuse pour l’homme ?

Oui, mais chaque personne  qui se fait piquer ne développe pas forcément la maladie. Beaucoup de gens sont aujourd’hui des porteurs sains sans le savoir. La leishmaniose se développe souvent chez des personnes dont les défenses immunitaires sont faibles. Au siècle dernier, elle touchait essentiellement les enfants. Puis, dans les années 1980, elle a impacté les malades  du sida, mais l’arrivée de la trithérapie a permis d’y mettre un terme. Aujourd’hui, sont à risque les patients ayant un traitement pour des maladies inflammatoires. Mais, globalement, le risque de transmission en France est faible.

Quels sont les symptômes chez l’homme ?

Les personnes malades sont rapidement fatiguées. Elles ont très souvent de la fièvre et la rate qui se dilate. C’est une maladie très grave dont on peut mourir, mais on la diagnostique aujourd’hui très vite, ce qui permet de l’enrayer rapidement, notamment parce qu’elle intervient sur l’état général d’un individu de façon très progressive.