Profession : référente pour l’insertion professionnelle des personnes handicapées

Depuis la loi de 2005 pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées, les MDPH (maisons départementales des personnes handicapées) gèrent l’ensemble des démarches administratives concernant les droits de ces personnes. Pour encadrer leur parcours vers l’emploi, la loi institue un poste de référent pour l’insertion professionnelle dans chaque MDPH. Entretien avec Cristina Garcia de la Fuente, référente au sein de la MDPH 13.

Référent pour l’insertion professionnelle, c’est quoi ?

Vaste domaine ! Notre rôle est de coordonner le parcours des personnes handicapées vers l’emploi. Cela signifie gérer la relation avec le directeur départemental du travail, de l’emploi et de la formation professionnelle ; coordonner les relations entre les différents partenaires (Cap emploi, organismes de formation, etc.) ; conseiller la direction de la MDPH en termes de politique d’insertion ; veiller au respect du droit des usagers. Dans les Bouches-du-Rhône, c’est très délicat. Nous traitons chaque année environ 11 000 demandes de RQTH (reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé) et 7 000 demandes d’orientation professionnelle. Il nous est donc impossible de recevoir tout le monde physiquement.

Comment traitez-vous ces demandes ?

L’intéressé, ou son tuteur, remplit un formulaire de demande auprès de la MDPH. Il doit y exposer sa situation et indiquer ses requêtes. Dans la mesure du possible, on essaye d’y répondre en quatre mois. L’usager peut détailler son projet de vie afin d’aider l’équipe pluridisciplinaire d’évaluation à jauger ses besoins (équipement, formation, etc.). Un certificat médical doit être joint au dossier. Il s’agit d’un formulaire unique, valable aussi bien en ce qui concerne la scolarisation des enfants, les RQTH, l’orientation, etc.

Qu’en est-il de l’orientation professionnelle ?

L’équipe d’évaluation est composée de représentants de nos partenaires (Pôle Emploi, Cap emploi, etc.), d’un médecin, d’un psychologue du travail et d’un membre de l’équipe d’insertion de la MDPH. En tenant compte de l’état de santé du demandeur, de son parcours professionnel et de son niveau d’études, on évalue ce dont il a besoin pour réaliser son projet de vie.

L’usager peut être orienté vers une formation. Selon la situation, celle-ci se déroulera dans un lieu de formation ordinaire comme l’Afpa (Association nationale pour la formation professionnelle des adultes), ou spécialisé comme le CRP (centre de rééducation professionnelle). S’il n’en a pas besoin, on l’oriente vers un poste adapté du secteur ordinaire, ou du secteur protégé. Mais il faut savoir que la majorité des travailleurs handicapés ont un niveau de formation faible.

Comment l’expliquez-vous ?

Le profil type du travailleur handicapé est un homme de 50 ans ou plus, d’origine sociale modeste et avec un faible niveau de formation. Ceci est dû aux nombreux accidents du travail chez les ouvriers. Cependant, ce profil est en train de changer. Depuis quelques années, les demandes de RQTH augmentent chez les 16-25 ans. La reconnaissance du handicap s’ouvre aux personnes qui souffrent de problèmes psychiatriques, psychologiques ou d’addiction. De même pour les personnes convalescentes à la suite d’un cancer. On voit que la définition de « handicap » est en train de s’élargir.

Qu’entendez-vous par « secteur protégé » ?

Principalement les Esat, établissements et services d’aide par le travail. Ils accueillent les personnes handicapées qui n’ont pas acquis suffisamment d’autonomie pour travailler en milieu ordinaire. Il s’agit d’établissements médico-sociaux. Les personnes accueillies, bien qu’elles réalisent un travail rémunéré, ne sont pas des salariés. Le souci par rapport au milieu protégé est que la personne en situation de handicap n’a pas d’accompagnateur officiellement défini. Par exemple, il est impossible pour une personne sourde de téléphoner afin de se présenter dans un Esat…

Comment se déroule l’orientation vers le secteur ordinaire ?

Pôle emploi, la Mission locale ou Cap emploi prennent le relais. Ils tentent de mettre en relation les demandeurs d’emploi et les entreprises. Si besoin, ils peuvent aider les entreprises à réaliser des aménagements pour accueillir une personne en situation de handicap.

Le taux de chômage des personnes handicapées (22 %) est plus de deux fois supérieur à la moyenne française. Qu’espérez-vous du nouveau gouvernement pour y remédier ?

Il y a des projets, maintenant il faut voir ce qui va être fait. En tout cas, on espère beaucoup des contrats d’avenir.

Cap emploi, kézako ?

Un réseau national de 103 organismes de placement spécialisés. Sa mission est l’accompagnement des personnes handicapées dans leur parcours d’insertion professionnelle en milieu ordinaire. Il est en lien direct avec les employeurs pour faciliter le recrutement, l’intégration et le maintien en emploi des travailleurs handicapés. Les conseillers Cap emploi sont présents dans tous les départements.